"Impossible techniquement d'ajouter un visage sur l'image du tueur" © BELGA

Il aurait été "techniquement impossible" pour les enquêteurs d'ajouter un visage sur l'image du tueur issue de la vidéo-surveillance du Musée juif en raison de la trop faible résolution de celle-ci, a témoigné mardi devant la cour le spécialiste de la police fédérale qui a travaillé sur le cliché. Les avocats de Mehdi Nemmouche avançaient, dans leur acte de défense, que des lunettes portées par l'auteur avaient été effacées et qu'un visage avait été reconstitué.


Les images issues des caméras du musée sont de faible qualité, a rappelé devant la cour l'analyste en vidéogrammétrie. Il s'est dit de ce fait "incapable" de trancher la question des lunettes et a expliqué l'intervention qu'il avait effectuée sur le cliché. Le spécialiste a réalisé, à l'aide de Photoshop, une "balance entre les tons clairs et foncés" pour améliorer le contraste du visage. "C'est un traitement, pas une manipulation. Rien n'a été effacé ou ajouté", a-t-il insisté, ajoutant que l'historique des modifications apportées au cliché original permettait de le constater. La taille du visage sur l'image est de 30 pixels sur 30 pixels. "Il faudrait une bien meilleure résolution pour changer les contours d'un visage, qui est rond, alors que les pixels sont des carrés", a encore expliqué le spécialiste.

Sur le banc des avocats, l'explication a fait s'agiter Me Courtoy, qui accuse les enquêteurs d'avoir "truqué" la photo. Dans leur acte de défense, les conseils de Mehdi Nemmouche considéraient que la "disparition" de lunettes du visage du tireur, entre les images de vidéo-surveillance et celles diffusées dans les médias, constituait une preuve de l'innocence de leur client. "Quand bien même ces images auraient déjà été manipulées avant qu'elles ne nous parviennent, il aurait fallu que l'individu dont on aurait voulu placer le visage sur la photo soit exactement dans la même position que l'homme sur le cliché initial et que la résolution des deux clichés soit parfaitement identique", a conclu le spécialiste, qui précise que le moindre changement de nuance de gris se serait vu. "Il aurait fallu truquer toutes les séquences vidéo."