Nacer Bendrer ne se souvient pas de grand-chose © BELGA

Contenu des échanges téléphoniques, des discussions lors des rencontres entre les accusés, des commentaires des policiers lors de leur confrontation, du motif pour lequel Mehdi Nemmouche était incarcéré... Nacer Bendrer a souvent répondu "je ne me souviens pas" lors de son interrogatoire par le procureur et les avocats des parties civiles, mercredi après-midi, devant la cour d'assises de Bruxelles.


Le procureur fédéral a encore demandé à Nacer Bendrer pourquoi il a pensé à une affaire de "stups" lorsque Mehdi Nemmouche l'a invité à venir à Bruxelles en avril 2014, alors que l'accusé principal n'est pas connu pour ce type de faits.

"Je ne sais pas, je ne me souvenais plus pourquoi Nemmouche était en prison, cela remontait à quatre ans", a répliqué Nacer Bendrer.

Lorsque les accusés se sont vus à Marseille, à deux reprises, entre le 25 et le 29 avril, il ne se souvient pas davantage de leurs conversations, qui ont pourtant duré une vingtaine de minutes, selon lui. Il concède seulement avoir essayé de "faire comprendre" à Mehdi Nemmouche qu'il ne pourrait pas l'aider à se procurer une kalachnikov.

La cour n'a pas pu en apprendre davantage sur les nombreux coups de fils entre les deux hommes, dont certains ont duré jusqu'à dix minutes. Ils ont parlé de "tout et de rien", a seulement dit Nacer Bendrer.

Le Marseillais assure en tout cas que le passage de Mehdi Nemmouche par la Syrie n'a jamais été évoqué.

Amené sur ce sujet par Me Masset, avocat du Musée juif, il s'est dit satisfait que, lors de leur confrontation, le principal accusé ait assuré qu'il n'avait rien à voir avec cette affaire. Pour une fois, il s'est souvenu qu'en effet, Mehdi Nemmouche était bien devenu nerveux lorsque les enquêteurs l'ont mis face à cette contradiction, puisqu'il se disait innocent. "Les policiers ont raison", a-t-il dit clairement, sur l'insistance de la présidente.

Nacer Bendrer ne se souvient en revanche pas ni des menaces que le principal accusé aurait proférées envers les enquêteurs, ni de commentaires adressés à ces derniers, a-t-il répondu à Me Hirsch, conseil du CCOJB (Comité de coordination des organisations juives de Belgique).

Enfin, Me Lys, avocat de l'Association française des victimes du terrorisme, a interrogé Nacer Bendrer sur la finale de la Ligue des Champions qui a eu lieu le soir des faits, match que l'accusé dit avoir regardé. Si ce dernier assure avoir encore le déroulement de la rencontre en mémoire, il a indiqué ne pas se souvenir du brassard noir porté par le gardien de but belge Thibaut Courtois en mémoire des victimes ou de commentaires particuliers sur ce geste.