Le ministre des Finances Alexander De Croo (Open Vld) exhorte mercredi les entreprises belges à donner un coup d'accélérateur aux préparatifs en vue d'un Brexit, au lendemain du rejet par les députés britanniques de l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE négocié par Theresa May. "Aujourd'hui, à 72 jours d'un éventuel Brexit, seule une entreprise sur cinq qui fait des affaires avec le Royaume-Uni est préparée aux formalités douanières", souligne M. De Croo.


Le ministre De Croo a donc convoqué mercredi les représentants des douanes et les entreprises belges afin de se préparer à ces nouvelles obligations douanières. "A partir d'aujourd'hui, nous utiliserons une approche différente", a-t-il expliqué. "Nous allons nous-mêmes contacter individuellement les entreprises et faire en sorte qu'elles aient un numéro de douane."

Au total, quelque 20.000 entreprises sur les 25.000 qui entretiennent des relations commerciales avec le Royaume-Uni ne disposent pas encore d'un numéro d'identification pour la douane (numéro EORI), sans lequel il n'est pas possible d'importer ni d'exporter.

Fin de cette semaine, les entreprises concernées recevront par voie postale un document reprenant ce numéro. Il leur restera alors uniquement à communiquer la personne habilitée pour l'entreprise. La douane contactera ensuite par téléphone les sociétés faisant partie du 'top 5000' en ce qui concerne le commerce avec le Royaume-Uni et effectuera le suivi de la demande EORI.

Parallèlement à la préparation de ces formalités douanières, la Belgique est occupée depuis plusieurs mois à recruter des douaniers supplémentaires pour faire face au Brexit, selon le ministre De Croo. "Je vais prochainement adresser au gouvernement un nouveau plan afin d'augmenter encore les effectifs auprès des services douaniers", indique le vice-premier ministre.

Le Royaume-Uni est le quatrième plus grand partenaire commercial individuel de la Belgique. Des études montrent que la Belgique est, avec l'Irlande et les Pays-Bas, le pays qui ressentira le plus l'impact du Brexit. Selon des chiffres communiqués mercredi par le SPF Finances, les flux commerciaux actuels à partir du Royaume-Uni représentent plus de 5% du total des marchandises nationales entrant dans notre pays. La part des exportations s'élève, elle, à 7,5%. En valeur, les importations représentent 15,5 milliards d'euros et les exportations 31,6 milliards d'euros.