La ministre fédérale chargée de la Politique scientifique va se concerter prochainement avec les instituts et musées fédéraux, qui se plaignaient lundi matin dans la presse d'être "exsangues" car victimes de coupes budgétaires de 13 à 30% en 10 ans. "J'entends et je comprends les difficultés des institutions", assure ainsi Sophie Wilmès (MR). La libérale se dit ouverte à aider les institutions à trouver des solutions structurelles qui assurent leur bon fonctionnement et ce, "dans les limites du cadre des affaires courantes".


Selon divers de leurs directeurs, interrogés dans Le Soir lundi, les musées fédéraux sont confrontés à "une situation impossible", "une crise majeure", "un pourrissement sur pied".
Sophie Wilmès, ministre du Budget, a récemment récupéré la compétence de la Politique scientifique après la chute du gouvernement Michel. "J'exerce ces nouvelles fonctions depuis quelques jours seulement mais j'ai très vite décidé de rencontrer ces institutions afin d'établir un dialogue direct, franc et honnête avec eux. Maintenant que nous sommes opérationnels, les invitations partiront très prochainement", assure-t-elle ainsi.
La ministre souligne toutefois l'importance de maintenir une politique d'assainissement budgétaire. Consciente des difficultés qu'a pu engendrer la participation des musées fédéraux à l'effort collectif de réduction du train de vie de l'État, elle rappelle que des financements supplémentaires ponctuels ont été octroyés à divers projets pour cette raison.
Des marges budgétaires ont en outre été dégagées chaque année pour les différents ministres fédéraux, dont les secrétaires d'État successives chargée de la Politique scientifique, ajoute-t-elle. Et la Loterie Nationale, dont elle a la tutelle, a également joué son rôle, précise encore Sophie Wilmès.
"Aujourd'hui, nous devons voir quels autres leviers peuvent être actionnés pour soulager nos institutions culturelles et établir une feuille de route." La libérale se dit dès lors ouverte à aider les institutions à trouver des solutions structurelles qui assurent leur bon fonctionnement et ce, dans les limites du cadre des affaires courantes.
Les directeurs des musées ont également mis en cause les normes comptables européennes "SEC2010", contraignant à l'équilibre budgétaire parfait pour chaque exercice. L'interprétation de celles-ci par la Belgique a pour impact concret d'empêcher tout achat d'œuvre d'art de plus de 30.000 euros par exemple, illustraient-ils.
Le gouvernement fédéral s'est accordé en faveur d'une certaine "souplesse" budgétaire, répond la ministre. "Dès lors, en ma qualité de ministre du Budget, j'ai accepté sur demande des ministres responsables, à plusieurs reprises, la dégradation du solde de certaines institutions pourvu que l'apport de futures recettes soit garanti mais aussi que l'équilibre général entre toutes les institutions soit préservé", nuance-t-elle.