Inquiète du sort des Rohingyas, la rectrice de la VUB écrit une lettre ouverte à Aung San Suu Kyi © BELGA

La rectrice de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) Caroline Pauwels a publié lundi une lettre ouverte à la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, à l'occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Dans ce courrier, elle dit s'inquiéter du nettoyage ethnique subi par la minorité musulmane Rohingya.


La rectrice de la VUB rappelle dans sa lettre des propos tenus par Aung San Suu Kyi elle-même dans un précédent discours en 1990: "chaque individu et chaque organe de la communauté doit lutter pour les droits fondamentaux et la liberté auxquels tous les individus ont droit, sans distinction de race, de nationalité ou de religion. Mais tant que des autorités conserveront leur pouvoir par la peur, et que des groupes d'intérêts placeront leurs gains à court terme avant la paix et le progrès à long terme, la communauté internationale devra protéger et promouvoir les droits de l'Homme."

"Nous croyons fermement que vous avez toujours le choix de rester en faveur de la liberté, des droits de l'Homme et de la démocratie, en tant que symbole de la lutte contre l'oppression des habitants du Myanmar", écrit la rectrice de la VUB. "Nous vous exhortons à redevenir un phare d'espoir pour tous les peuples du monde, et plus particulièrement pour les minorités ethniques de votre pays."

Aung San Suu Kyi a reçu un doctorat honorifique en 1994 à la VUB.

Les gestes symboliques se multiplient à l'encontre de l'ancienne icône de la démocratie, prix Nobel de la Paix 1991, critiquée pour sa froideur, son manque de compassion et d'action devant le sort réservé aux musulmans rohingyas.

Aung San Suu Kyi, qui n'a jamais condamné les violences, a notamment été déchue mi-novembre par Amnesty international du prix d'ambassadrice de conscience que l'organisation lui avait attribué en 2009.

Plus de 700.000 Rohingyas ont fui en 2017 les exactions commises par des militaires birmans et des milices bouddhistes et se sont réfugiés au Bangladesh voisin, où ils vivent depuis dans d'immenses campements de fortune.