Les partis de l'opposition francophone ont mis en garde le MR contre des manoeuvres de l'équipe Michel II à leur égard. Ils n'achèteront pas un chat dans un sac, ont-ils averti.


L'équipe Michel remaniée ne dispose pas de majorité au parlement. Elle devra donc trouver le soutien de l'opposition pour faire passer ses projets. Pour ce qui est du budget 2019, la N-VA pourrait l'approuver puisqu'elle a participé à sa confection. Pour le reste, l'opération sera plus délicate et se fera au cas par cas.
"Ce ne sera pas une politique du 'à prendre ou à laisser'", a assuré le vice-premier ministre MR, Didier Reynders, sur le plateau de la RTBF.
Or, ce soutien de la N-VA au budget pourrait poser problème vis-à-vis du reste de l'opposition.
"Il faut que tout change pour que rien ne change", a résumé le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet. "Si l'on va chercher la N-VA pour le budget, cela montre qu'il n'y a pas de marge de manoeuvre".
Les écologistes ont proposé d'inverser la logique et ont annoncé qu'ils proposeront leur texte à la coalition gouvernementale.
"Voyons clairement ce qui est mis sur la table. Un budget, cela confirme toutes les augmentations de taxe. Tout ça, c'est confirmé par le budget, on n'est pas des nigauds", a averti le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej, qui se montre sévère. "Ce n'est plus un remaniement, c'est un éboulement. Avec ce qui s'est passé cette semaine, permettez-moi de ne pas acheter un chat dans un sac".
"La N-VA ne sera peut-être pas à la table du 16 rue de la Loi mais elle sera dans la chambre à coucher du Premier ministre", a ironisé le président de DéFI, Olivier Maingain.
Le cdH martèle quant à lui qu'il se veut constructif mais ses appréhensions sont les mêmes. Il appelle à un "changement de cap". "J'entends cette possibilité de main tendue mais il faut une révision de toute une série de mesures", a fait remarquer la cheffe de groupe, Catherine Fonck.
Comme les socialistes, les centristes insistent notamment sur la réduction de la TVA sur l'énergie, ainsi que l'avait décidé le gouvernement précédent. A entendre M. Reynders, une telle éventualité ne semble néanmoins pas à l'ordre du jour. Le libéral a préféré insister sur les baisses d'impôt sur le travail que contient le budget et qui permettront une hausse du pouvoir d'achat.