L'opposition PS et Ecolo très frileuse à accorder un soutien au cas par cas © BELGA

Les écologistes et les socialistes n'entendent pas dépanner le nouveau gouvernement Michel, ont-ils laissé entendre dimanche sur les plateaux de télévision de la RTBF et de RTL-TVi.


M. Michel a annoncé samedi soir qu'il repartait à la tête d'un "gouvernement responsable orange-bleue" associant le MR, le CD&V et l'Open Vld, soit un exécutif qui n'a pas de majorité à la Chambre. À son retour de Marrakech, il mènera des consultations avec le parlement.

Le vice-premier ministre MR Didier Reynders a indiqué que le gouvernement pourrait chercher un soutien au cas par cas, suivant les dossiers, auprès des partis de l'opposition.

En principe, les élections législatives fédérales auront lieu le 26 mai et nul n'évoque aujourd'hui la possibilité d'élections anticipées.

La période est difficile, a souligné le vice-premier ministre Open Vld, Alexander De Croo, évoquant les défis du moment: politique énergétique, Brexit, etc. "Nous sommes dans une situation où on doit prendre nos responsabilités", a souligné M. De Croo.

Même si elle a quitté le gouvernement, la N-VA pourrait le soutenir de l'extérieur étant donné qu'une bonne partie des dossiers qui doivent venir au parlement sont déjà approuvés au gouvernement dont elle faisait partie. "On sera constructifs", a assuré le vice-premier ministre N-VA démissionnaire, Jan Jambon.

Du côté de l'opposition francophone, le ton est bien différent. "Les écologistes ne seront pas la roue de secours d'une majorité en perdition", a répondu le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet. "Pendant quatre ans, les écologistes n'ont eu de cesse de dénoncer les choix de ce gouvernement kamikaze".

Le ton était comparable au PS. La perspective de voir la N-VA soutenir depuis l'opposition certains dossier du gouvernement fait sursauter les socialistes. "Ça veut dire concrètement que la politique néfaste pour les citoyens va continuer", a souligné le président Elio Di Rupo.

"Vu le chaos que vous venez de provoquer au gouvernement, n'imaginez pas que vous avez encore la main au parlement", a averti le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej. "Nous n'allons pas être l'otage de vos bisbrouilles".

Le PS a demandé la réunion d'une conférence des présidents de la Chambre, afin de tenir une séance plénière dès le retour de M. Michel en Belgique.