Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OSCE étaient rassemblés hier à Milan pour parler du "Sud". Finalement, les discussions ont été accaparées par les tensions entre la Russie et l'Ukraine et leur récent affrontement naval dans le détroit de Kertch, comme l'a confirmé Didier Reynders.


Le ministre des Affaires étrangères a eu lui-même, en matinée, un échange avec son homologue ukrainien Pavlo Klimkine. Si dans son discours en "plénière" le Belge avait commencé par souligner "le rôle crucial de l'OSCE comme plateforme de dialogue", son constat semble cependant mitigé en ce qui concerne les évolutions des derniers mois dans le dossier ukrainien. "On voit qu'il y a un fonctionnement répétitif dans l'organisation", au sein de laquelle les mêmes arguments sont "répétés de part et d'autre", admet-il. À un certain moment, on a pu constater que "les mécanismes conventionnels (de l'OSCE) ne fonctionnaient que très peu" dans ce dossier, même s'il est déjà positif que "le dialogue existe", soutient-il.

"On ne trouve pas pour l'instant de réelle capacité de bouger sur ce dossier", constate Didier Reynders. Il pointe cependant que le travail est constamment en cours "pour améliorer la discussion", notamment dans le cadre du "groupe de travail informel sur le dialogue structuré" de l'OSCE, que la Belgique préside. "La première préoccupation est de garder tous les partenaires à bord", lance-t-il.

Et la Belgique dans tout ça? "On va continuer d'essayer de jouer le rôle que l'on tentera aussi d'endosser à l'ONU: celui d'aider à créer le dialogue, à trouver le consensus". Parallèlement, "on essaie de garder un accent très fort sur la dimension des droits humains".

En Ukraine aussi, d'ailleurs, il s'agit de s'inquiéter de la "population civile" victime des conflits, a-t-il tenu à mettre en avant.