Charles Michel ira à Marrakech, fort de la position qu'exprimera le parlement © BELGA

Le Premier ministre Charles Michel a indiqué mardi soir qu'il demandera au parlement de s'exprimer sur le pacte de l'Onu sur les migrations et qu'il portera ce message au Sommet de Marrakech.


"J'ai pris la décision de demander au parlement de s'exprimer sur ce sujet (...) le moment est venu de faire un choix", a indiqué M. Michel qui demandera au président de la Chambre Siegfried Bracke de permettre, en toute autonomie, un débat dans les prochaines heures ou les prochains jours. "J'ai l'intention d'aller à Marrakech pour communiquer la décision qui sera approuvée par le parlement", a-t-il poursuivi.

Des résolutions de l'opposition sont à l'ordre du jour de la commission des Affaires étrangères. Elles invitent le gouvernement à s'engager en faveur du pacte de l'Onu pour les migrations. Le débat aura lieu demain mercredi et en théorie une majorité de rechange existe pour les soutenir. La N-VA a averti qu'une majorité de rechange signifierait la fin de la confiance au gouvernement.

Charles Michel a constaté le "volte-face" de la N-VA après la décision du chancelier autrichien Sebastian Kurz de ne pas souscrire au pacte. Ce texte a fait l'objet d'une implication de la Belgique durant deux ans, sur le plan international et en tenant compte de la position de l'ensemble des entités du pays.

Le Premier ministre a repris son baton de pèlerin, tentant de dégager une solution commune à certains Etats comme l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark, certains pays baltes qui souscriront au pacte moyennant une déclaration interprétative.

Charles Michel a dû constater ces dernières heures un "blocage" persistant sur cette solution dans le chef d'un des quatre partis de la majorité, à savoir la N-VA, et il en a pris acte.

Mardi après-midi, le Premier ministre n'a plus réuni le comité ministériel restreint alors qu'une réunion avait été annoncée à 15 heures. Le lancement par la N-VA d'une campagne contre pacte sur les migrations, rappelant certaines campagnes de l'extrême droite, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. M. Michel a évoqué mardi soir une campagne "inacceptable", "scandaleuse" et "indigne" qui a cessé après qu'il a annoncé le report du comité restreint.