Climat: celui qui débranchera la prise aura une responsabilité impardonnable, déclare Greenpeace © BELGA

Celui qui débranchera la prise du gouvernement, quelques jours seulement après la manifestation de dizaines de milliers de personnes pour exiger de leurs représentants de mener enfin une politique climatique ambitieuse, "portera une responsabilité lourde et impardonnable. Les changements climatiques sont à ce point rapides qu'il est inacceptable de continuer à reporter au lendemain les décisions qui s'imposent", a averti mardi soir l'organisation écologiste Greenpeace.


Aux yeux de Greenpeace, réagissant "de manière indignée à la situation politique de ces dernières heures", pendant un court laps de temps pourtant, le gouvernement semblait avoir compris le message émis lors de la marche pour le climat, se montrant même prêt à ouvrir les discussions avec les organisateurs.

Mais deux jours seulement après "la plus grande marche pour le climat jamais organisée dans notre pays, nos espoirs retombent lorsque la Belgique a, avec un autre pays, voté contre des ambitions européennes plus élevées en matière d'économie d'énergie et d'énergies renouvelables. C'est une gifle au visage des 75.000 personnes qui ont inondé les rues bruxelloises dimanche dernier", a vivement déploré l'ONG.

Pour Greenpeace, les instigateurs de la crise gouvernementale sont à la recherche de plus de voix mais, ce faisant, ils négligent le signal de dimanche de dizaine de milliers de citoyens qui leur disent d'agir en faveur du climat, de la mobilité et de l'approvisionnement énergétique, pour l'avenir de nos enfants, et de contribuer aux efforts nécessaires à l'échelon mondial pour rendre la planète viable.

"Tout nous porte à croire que les partis du gouvernement fuient une fois de plus leurs responsabilités, comme s'ils ne voulaient pas faire face aux enjeux que pose le réchauffement de la planète. Ils ne semblent pas conscients qu'ils sont ceux-là qui ont l'obligation de mettre en place les solutions à la population belge. Mais la jeunesse, les familles, les entrepreneurs, les acteurs de la transition, les citoyens en mouvement ne veulent plus de distraction; des sondages et études récents ont montré que le climat est la préoccupation principale de nombreux Belges. Faire chuter le gouvernement aujourd'hui, équivaut à adopter un comportement criminel vis-à-vis des générations futures", a souligné l'organisation.

"Il nous reste environ dix ans d'action pour empêcher le chaos climatique et apporter les réponses nécessaires au verdict sans concession du GIEC. L'été passé, marqué par des sécheresses, des récoltes détruites et des feux de forêts à travers l'Europe doit clairement nous faire prendre conscience de la situation. Le climat ne supporte pas les affaires courantes ou l'inaction politique", a conclu Greenpeace.