"Je visais la répartition des charges climatiques pour 2030", clarifie Mme Marghem © BELGA

En pointant du doigt dimanche un gouvernement flamand qui freine les ambitions climatiques de la Belgique, la ministre fédérale de l'Énergie Marie Christine Marghem visait la répartition intra-belge des charges pour la période 2021-2030, a-t-elle clarifié lundi à son arrivée à la 24e conférence de l'ONU sur le climat (COP24) à Katowice (Pologne).


Un accord intra-belge avait pu être trouvé fin 2015 sur cette répartition de la charge ("burden sharing") pour la période 2013-2020. Il a été finalisé cette année.

Les entités belges (gouvernement fédéral et Régions) doivent encore s'entendre sur la répartition, pour la période 2021-2030, de cette charge en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de production d'énergie renouvelable, de financement international et de partage des revenus de la mise aux enchères des quotas.

"Je souhaite aborder cette répartition pour la période qui arrive, mais la ministre flamande Joke Schauvliege (CD&V) freine", a confirmé Mme Marghem (MR).

"Elle ne veut ouvrir la discussion que lorsque le plan belge Energie-Climat aura été déposé à l'Europe, mais ce faisant nous perdons un temps précieux". La Belgique doit introduire une première version de ce plan à la fin de cette année. Le plan doit être définitif fin 2019.

"La Wallonie et Bruxelles veulent avancer, mais elles font face à chaque fois à un frein de la Flandre. La grande préoccupation de cette dernière est l'économie d'Anvers, qui certes crée énormément de valeur ajoutée, mais produit aussi énormément d'émissions" de gaz à effet de serre, explique la ministre.

Les critiques de la ministre, formulées lors de la marche pour le climat qui a réuni plus de 65.000 personnes dimanche à Bruxelles, avaient été rejetées par Mme Schauvliege, qui disait elle-même attendre le plan de Mme Marghem. La présidente de l'Open Vld Gwendolyn Rutten a embrayé lundi en jugeant que la sortie de la ministre fédérale "manquait de hauteur".

Taiseux sur ses piètres résultats en émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement flamand fait en revanche souvent valoir sa bonne progression en matière de production d'énergie renouvelable.