Auditionnée jeudi en commission conjointe Economie et Medias au Parlement de Wallonie, l'Association des journalistes professionnels (AJP) a plaidé pour un arrêt immédiat du plan social à l'Avenir, "létal pour le journal", sa sortie du giron de Nethys et la création d'une SCOP, une société à gestion coopérative et participative des salariés du quotidien et de ses lecteurs.


"Nethys espérait pouvoir mettre en synergies Voo et l'Avenir, mais il n'y a jamais eu de réel projet opérationnel: il n'y a en effet pas de rationalité économique à des synergies entre le câble et la presse écrite. Ce n'est pas parce qu'on a des 'tuyaux' qu'on y valorise un contenu média. En outre, toutes les décisions d'investissement proposées par les cadres ou les équipes de l'Avenir ont été bloquées ou refusées par Nethys", a expliqué l'AJP en se demandant si les journalistes "payent aujourd'hui leur manque de docilité" vis-à-vis de l'intercommunale.

Selon l'AJP, la décision de confier l'impression du journal à Rossel a par ailleurs été prise beaucoup trop tardivement et à l'encontre de l'avis des équipes et des lecteurs. "Il s'agit d'une nouvelle preuve de l'amateurisme des actionnaires", a souligné l'association professionnelle en balayant les différents scénarios évoqués jusqu'à présent pour le redéploiement du journal (stand alone, rapprochement avec Rossel, rachat par IPM).

A la place, elle préconise la reprise des Editions de l'Avenir par une SCOP, une société à gestion coopérative et participative des salariés du journal et de ses lecteurs, dans laquelle pourraient être associés un ou plusieurs opérateur(s) industriel(s) privés et/ou des partenaires publics. Pour l'AJP, la reprise par une SCOP pourrait se faire après un portage de la Région, limité dans le temps.