La Francophonie doit être "un acteur très engagé dans le multilatéralisme et l'élaboration de solutions politiques aux problèmes" tels que le terrorisme ou le changement climatique, a défendu jeudi le Premier ministre belge Charles Michel, présent à Erevan (Arménie) pour le 17e Sommet de la Francophonie.

"Nous avons bien vu à (l'Assemblée générale de) l'Onu qu'il existait deux camps: celui du multilatéralisme avec des solutions politiques et négociées aux problèmes posés à la société tels que le terrorisme ou le changement climatique; et celui qui pense qu'une addition de décisions unilatérales va mener à un chemin vertueux", expose M. Michel.

Pour le Premier ministre, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) doit se situer dans le premier, en soutenant "les droits de l'homme, la paix grâce à des négociations. Car une solution politique et négociée est bien plus durable que lorsqu'une décision est imposée."

Pour M. Michel, la Francophonie doit "se reconcentrer sur ses priorités et rencontrer ses ambitions politiques au sens noble du terme", notamment en permettant les échanges entre pays. Le retrait de la candidature de l'Arabie saoudite pour devenir membre de l'OIF ravit d'ailleurs le Premier ministre, pour qui "les conditions étaient loin d'être rencontrées". Le royaume saoudien a retiré sa demande d'adhésion après avoir fait l'objet de vives critiques, accusé notamment de violations des droits de l'Homme.

Charles Michel n'est en outre "pas partisan d'une extension sans limite de la Francophonie. On doit plutôt l'approfondir", soutient-il. "Je plaide depuis longtemps pour un grand partenariat Union européenne/Afrique et la Francophonie peut jouer un rôle-clé car elle réunit beaucoup de pays africains", pointe-t-il. "L'avenir se joue sur le continent africain et celui de l'Europe aussi, car ce continent jouit d'une vitalité exceptionnelle."

Enfin, le futur de la Francophonie ne peut s'envisager sans l'aspect économique, selon le chef du gouvernement belge. "Il faut mettre en évidence les liens entre la paix et la sécurité, et le développement économique. Quand on échange entre pays, on réduit le risque de conflits, de tensions. Cela nourrit la paix et la stabilité", conclut-il.