Le ministre-président du gouvernement germanophone Oliver Paasch n'a pas caché sa satisfaction jeudi, à l'issue d'une réunion avec le gouvernement wallon à Namur, sur la bonne avancée des transferts de compétences depuis la Région wallonne vers la Communauté germanophone.

"On ne s'attendait pas, en début de législature, à transférer autant de compétences", a reconnu M. Paasch, dont le parti ProDG vise à conférer davantage d'autonomie régionale à la Communauté.

Parmi les compétences du Logement, de l'Énergie et de l'Aménagement du territoire, sur le transfert desquelles Wallons et Germanophones ont engrangé de nouvelles avancées ce jeudi, c'est la troisième qui est la plus attendue, a confié le chef du gouvernement germanophone.

C'est aussi celle sur laquelle les questions budgétaires semblent les plus sensibles, puisque ces dernières ont été reportées à un prochain gouvernement conjoint, programmé le 14 septembre prochain pour finaliser l'ensemble du paquet en vue d'un vote dans les parlements avant les élections de 2019.

L'accord est quasi-complet sur le Logement - à l'exception d'une discussion à poursuivre sur la scission de la société de logement public Nosbau qui est aussi implantée en Wallonie hors Communauté germanophone - et sur l'Énergie, pour laquelle les Germanophones ont convenu de se limiter aux compétences en lien avec le logement et l'aménagement du territoire, tant la complexité du dossier nécessite encore des analyses sur la prochaine législature, selon les ministres.

La construction d'une Communauté-Région germanophone se poursuit donc après les transferts des dernières années (Emploi, Patrimoine, tutelle des communes et zones de police, etc). Outre le Logement, l'Énergie et l'Aménagement du territoire, l'Ostbelgien est aussi demandeuse de compétences provinciales et des routes régionales.

Mais n'ayant pas la main sur la mise en œuvre de l'article 139 qui règle les transferts de compétences entre les deux entités, "nous n'avons jamais revendiqué de réforme de l'Etat", a rappelé M. Paasch. Ce qui n'empêchera pas la Communauté germanophone d'actualiser ses demandes si d'autres entités venaient à réclamer une réforme de l'État, a-t-il ajouté.