Si la qualité des eaux souterraines de nos forêts est meilleure qu'il y a 25 ans, elle n'est pas encore pleinement satisfaisante, ressort-il mercredi de récentes investigations de l'Institut flamand de recherche pour la Nature et la Forêt (INBO) à Bruxelles. Environ un cinquième des arbres en forêt sont par ailleurs malades. Le trafic et l'agriculture sont les sources principales de pollution.

Alors que le soufre représentait auparavant l'élément le plus dommageable pour les bois et forêts, le plus gros problème de ces derniers réside maintenant dans l'azote, sous la forme d'ammoniaque et d'oxyde d'azote (NOx). La qualité des eaux souterraines est ainsi l'une des causes de la santé déclinante des arbres.

Une autre étude de longue haleine de l'INBO démontre en outre que plus d'un arbre sur cinq des forêts flamandes n'est pas en bonne santé. La situation est quelque peu meilleure en Wallonie, bien qu'une comparaison précise soit difficile étant donné que les paramètres étudiés diffèrent entre les régions.

L'élevage intensif reste la première source de pollution à côté d'autres activités agricoles. Ces exploitations libèrent en effet de grandes quantités d'ammoniaque. Le trafic routier constitue un autre facteur polluant important puisqu'il est responsable de plus de 60% des émissions d'oxydes d'azote.

Combinée au réchauffement climatique, la pollution de l'air exerce par ailleurs une forte pression sur les bois et forêts belges; ceux-ci sont plus souvent soumis aux invasions d'insectes ainsi qu'aux affections bactériennes et aux moisissures.

"Des mesures urgentes sont nécessaires pour combattre le rejet d'azote", conclut Arne Verstraeten, doctorant de l'INBO. "Nous sommes les derniers de la classe à l'échelle européenne. Ceci s'explique en partie par la densité de la population en Belgique mais également par un manque de politique décisive."