Des scientifiques belges de plusieurs universités du pays participent à la création d'une carte en trois dimensions qui indique notamment les positions et les mouvements de plus d'un milliard d'étoiles, annonce mercredi l'Observatoire royal de Belgique (ORB), également associé aux recherches.

Le satellite Gaia observe le ciel pour l'Agence spatiale européenne depuis juillet 2014. À une distance de 1,5 million de kilomètres de la Terre, il tourne autour du Soleil et détecte tout changement de mouvement d'un objet dans l'espace en mesurant plusieurs fois par jour les positions et les mouvements des étoiles, mais aussi leur température, leur couleur, leur diamètre et leur "magnitude" (leur luminosité). Gaia est ainsi capable de repérer des étoiles un million de fois moins brillantes que ce qui peut être vu à l'œil nu.

Pendant huit heures par jour environ, le satellite transmet les données récoltées, qui sont ensuite analysées par des astronomes d'une vingtaine de pays européens, dont la Belgique, et non-européens (Algérie, Brésil, États-Unis et Israël).

"La très grande quantité de données que produit Gaia (plus d'un million de gigabytes pour toute la mission) nécessite une énorme puissance de calcul et une expertise scientifique internationale étendue", explique l'Observatoire.

Chacun contribue à un champ d'analyse. La KU Leuven se charge de la classification des étoiles variables (dont la luminosité fluctue) détectées par Gaia tandis que l'ORB et l'ULiège se penchent entre autres sur la vitesse à laquelle une étoile se rapproche ou s'éloigne de nous, tout comme l'Université d'Anvers, qui étudie également la variabilité stellaire. L'ULB, elle, s'occupe de la coordination belge du projet et analyse trois sous-classes d'étoiles multiples (des systèmes composés de plusieurs étoiles qui orbitent autour de leur centre de masse). La participation belge à cette mission a été rendue possible grâce aux fonds fournis par la Politique scientifique fédérale (Belspo).

Grâce à cette cartographie unique de par sa précision et son étendue, les astronomes internationaux espèrent retracer le parcours de chacune des étoiles sur plusieurs millions d'années dans le passé et prédire leur trajectoire future.