Parmi les nouveaux cas de cancers oropharyngés (de la bouche et de la gorge) recensés chaque année en Belgique, au moins 25% sont causés par le papillomavirus humain (HPV), selon un communiqué de la Vaccine Academy, lancée par le laboratoire MSD Belgium. Ce type de cancer, dont le nombre a bondi de 40% en 10 ans, touche trois fois plus d'hommes que de femmes. Pour le docteur Marc Remacle, ORL et professeur à l'Université catholique de Louvain (UCL), une couverture vaccinale optimale des jeunes permettrait d'éliminer ce type de cancer dû au papillomavirus en 10 à 15 ans.

"Si on commence à bien connaître le lien entre papillomavirus et cancer du col de l'utérus, celui entre papillomavirus et cancer oropharyngé" reste méconnu, indique mardi le professeur Remacle, tandis que débute la semaine de la vaccination. "Alors qu'au sein de nos départements, nous constatons une véritable épidémie de ces cancers dus au HPV chez les hommes." Chaque année, 688 nouveaux cas sont détectés en Belgique, dont 512 chez l'homme. De plus, ce type de cancer se manifeste 15 à 20 ans après la contraction.

La hausse des cas peut être liée au fait que le virus est devenu plus agressif mais aussi aux changements de comportements sexuels depuis les années 1960, ainsi qu'à une "sous-information", y compris dans le monde médical.

Le papillomavirus se transmet lors de rapports sexuels de toute nature et est favorisé par les contacts orogénitaux, rappelle Marc Remacle. La vaccination est donc idéale avant tout rapport sexuel. Cela dit, "même en cas de contamination clinique, il y a tout intérêt à administrer le vaccin, car il apparaît que l'agressivité du virus est diminuée".

Pour le spécialiste, une "couverture optimale" de vaccination devrait être de 100%, "à l'instar de la rougeole, la coqueluche ou le tétanos". Le taux de couverture en Fédération Wallonie-Bruxelles (30%) reste toutefois "insuffisant" pour éviter la transmission du virus, ajoute-t-il.

En Belgique, toutes les jeunes filles de 12 à 18 ans bénéficient du remboursement de ce vaccin. Dans un avis rendu l'an dernier, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) préconisait d'élargir la prévention vaccinale aux garçons entre 9 et 14 ans.