"Faut pas jouer au djihadiste quand on n'en a pas la capacité." Me Maryse Alié, qui représente des policiers constitués partie civile au procès de la fusillade de la rue du Dries, a paraphrasé le texte de la chanson "Ces gens-là", de Jacques Brel, pour faire part de son sentiment à l'égard de Salah Abdeslam. "S'il a fui, ce n'est pas par conviction, c'est avant tout par lâcheté, par couardise", a-t-elle indiqué jeudi lors de sa réplique devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Après la plaidoirie de Sven Mary, conseil de Salah Abdeslam, Me Alié a entamé les répliques. Elle a répété que les prévenus devaient être considérés comme co-auteurs des faits. "Ils savaient tous. Ils avaient peur que la police débarque à tout moment", a-t-elle rappelé sur base des interrogatoires d'Osama Krayem. "Et malgré cela, ils n'avaient pas de plan?"

Si Salah Abdeslam ne s'est pas fait exploser à Paris, c'est par "lâcheté", estime l'avocate. "Vos clients ne sont pas à votre hauteur", a-t-elle également adressé à ses confrères de la défense.

Me Tom Bauwens, qui représente deux agents des forces spéciales, s'est lui fait ironique, en déclarant que Sofien Ayari, sur base du portrait dressé par ses avocats jeudi matin, pourrait recevoir le Prix Nobel. "Ils sont gentils parce qu'ils n'ont pas été tirer sur le palier de l'appartement, parce qu'ils n'ont pas essayé de faire un plus grand carnage. La défense veut qu'on pousse sur 'pause' au moment de la rue du Dries" sans envisager le reste, et notamment le contexte de fuite après les attentats de Paris, s'est-il insurgé.

L'avocat s'est opposé à la défense sur plusieurs points, et notamment sur le fait que l'importance du drapeau de l'Etat islamique retrouvé rue du Dries ait été selon lui minimisée par les conseils de Salah Abdeslam et Sofien Ayari. Ce n'est pas un objet que l'on peut se procurer n'importe où, a objecté Me Bauwens, en soulignant que si quelqu'un en cherchait un sur internet, il susciterait rapidement l'attention des forces de l'ordre.