Le président du Nicaragua Daniel Ortega a annoncé jeudi des "négociations" avec l'opposition, qui exige sa démission, pour tenter de mettre fin à la crise politique et aux manifestations qui ont fait 325 morts depuis dix mois.


Le gouvernement souhaite "installer la table pour les négociations" le 27 février avec des représentants désignés par l'opposition pour "ouvrir une nouvelle voie" vers l'entente, "car il n'est plus question de revenir à la situation antérieure" aux manifestations, a déclaré M. Ortega dans un discours lors d'une cérémonie.
L'Alliance civique pour la justice et la démocratie, qui regroupe étudiants, entreprises, organisations de la société civile et des syndicats, a annoncé dans la foulée qu'elle acceptait ces pourparlers et qu'elle y enverrait une équipe de six négociateurs.
L'ancien guérillero Daniel Ortega, 73 ans, au pouvoir depuis 2007, a été confronté depuis avril 2018 à des manifestations massives.
Ces manifestations ont débuté pour protester contre une réforme de la sécurité sociale. La réforme a été vite abandonnée mais le mouvement s'est transformé en une campagne pour la démission du président, accusé d'avoir instauré une dictature.
La répression de ces mouvements de protestation a fait 325 morts, tandis que plus de 700 manifestants ont été emprisonnés, selon des associations de défense des droits de l'Homme et de l'opposition.
Daniel Ortega, qui refuse de démissionner ou d'avancer les élections, avait mis fin en juin dernier au dialogue qui s'était noué sous les auspices de l'Eglise catholique.
Le FSLN, apparu en 1961, est l'unique guérilla latino-américaine ayant remporté une victoire militaire, contre la dictature des Somoza en 1979, avant de perdre le pouvoir la décennie suivante après un violent conflit avec des contre-révolutionnaires armés par les Etats-Unis, puis de le reprendre à nouveau, mais par les urnes.