Le vote recommence samedi matin pour l'élection présidentielle tchèque, qui met en lice huit candidats libéraux face au chef de l'Etat sortant Milos Zeman, pro-russe et pro-chinois, attaqué la veille par une Femen torse nu qui lui a reproché son attachement à Vladimir Poutine.

Le vote au suffrage universel direct à deux tours s'annonce assez difficile pour M. Zeman, le vétéran de la gauche tchèque connu pour ses manières brusques et son hostilité à l'immigration musulmane. Parmi les huit autres candidats en lice, son principal rival est l'ex-patron de l'Académie des Sciences, le pro-européen Jiri Drahos.
L'homme d'affaires et auteur de chansons à succès Michal Horacek, l'ex-Premier ministre de droite Mirek Topolanek et l'ancien ambassadeur en France Pavel Fischer figurent aussi parmi les prétendants à la magistrature suprême.
Les sociétés de paris donnaient l'avantage à M. Zeman sur M. Drahos, au premier tour. Toutefois, selon un sondage, M. Drahos, 68 ans, pourrait l'emporter au second tour prévu les 26 et 27 janvier, grâce aux reports de voix.
M. Zeman, qui a refusé de participer aux débats électoraux, bénéficie du soutien des milieux ruraux et des travailleurs manuels.
Centriste libéral, M. Drahos, est, lui, le candidat préféré des intellectuels et des habitants des grandes villes. "Le président devrait œuvrer en vue d'unir la société. L'actuel président n'unit pas les gens, il les divise", a-t-il déclaré, après avoir voté à Prague. Selon lui, le chef de l'Etat "devrait apporter de la culture sur la scène politique et œuvrer pour l'orientation pro-occidentale du pays".
Le scrutin présidentiel se tient parallèlement à la formation laborieuse d'un nouveau gouvernement issu des législatives d'octobre 2017.
Les quelque 15.000 bureaux de vote fonctionneront samedi entre 08H00 et 1hH00 HB, et fermeront donc à temps pour laisser les Tchèques profiter de leur week-end. Les premiers résultats significatifs permettant d'entrevoir les deux candidats qualifiés pour le second tour devraient être connus dans l'après-midi.